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Vision[1]

  • Une ville où toutes les personnes, peu importe la collectivité dans laquelle elles vivent, ont accès à des quantités suffisantes d’aliments sains et abordables sans devoir s’en remettre à des dons de nourriture comme solution à long terme.
  • Une ville où toutes les personnes, peu importe leur statut socioéconomique, leur culture, leur langue, leur niveau de capacité physique, etc., ont accès non seulement à des aliments sains et abordables, mais également aux connaissances, aux renseignements et aux possibilités d’apprentissage sur ce qui suit :
    • les aliments et la nutrition;
    • les systèmes alimentaires, notamment un système de production et de distribution des aliments locaux;
    • la façon d’accéder à la nourriture, y compris les aliments locaux;
    • les compétences en cuisine, en conservation d’aliments, en jardinage et autres aspects liés à la bouffe;
    • l’agriculture et la production des aliments;
    • la façon de passer à l’action quant aux questions alimentaires dans leur collectivité.
  • Une ville qui appuie les partenariats et les liens entre les services alimentaires de secours, les programmes de sécurité alimentaire et un large éventail de programmes et de services communautaires et municipaux.
  • Une ville où un carrefour d’aliments locaux, d’agriculture urbaine et d’apprentissage communautaire renforce les capacités en matière de meilleurs renseignements, ressources, services et séances de formation communautaires.

Recommandations en matière de politiques

Ville d’Ottawa

On recommande ce qui suit :

  1. Que la Ville d’Ottawa continue d’appuyer une meilleure acquisition et coordination des capacités le long du continuum des programmes et des services alimentaires communautaires existants dans la ville. L’appui de ces initiatives, avec un accent mis sur les projets des quartiers qui promeuvent la sécurité alimentaire, permettra mieux d’atteindre les objectifs de la Ville en ce qui a trait au Cadre de développement communautaire, par un engagement face aux mesures suivantes :
    1. désigner l’« accès aux aliments » comme un des domaines prioritaires des demandes de subventions auprès de la Ville[1] (p. ex., les subventions de viabilité des collectivités, les offres de financement unique, etc.);
    2. permettre aux effectifs de dégager du temps pour s’adonner à la planification alimentaire avec les partenaires communautaires (p. ex., les comités directeurs, les organes consultatifs) et entre les services de la Ville.                                                                                                                           .
  2. Que la Ville d’Ottawa, de concert avec les partenaires communautaires, facilite l’accès aux locaux et aux installations permettant d’augmenter la programmation alimentaire communautaire axée sur les quartiers en vigueur actuellement :
    1. en examinant comment les organismes qui reçoivent des subventions de la Ville peuvent rendre leurs lieux de réunion, leur espace de jardinage et leurs installations de cuisine accessibles à l’intention des groupes communautaires (p. ex., cela pourrait s’inspirer du programme Utilisation communautaire des installations scolaires, qui exploite des activités dans les quatre conseils scolaires d’Ottawa[2]);
    2. en instaurant un fonds pour appuyer les rénovations et les mises à niveau des installations de cuisine pour satisfaire aux règles de salubrité des aliments et aux règlements connexes, de sorte que les centres culturels, les églises, les entreprises et les autres immeubles puissent servir à une meilleure programmation alimentaire communautaire. On pourrait allouer cet argent selon les critères suivants et l’attribuer à la condition qu’il serve à des fins communautaires améliorées :
      1.  là où les installations existantes sont inadéquates pour appuyer la programmation communautaire;
      2. là où il y a un besoin manifeste dans le quartier;
      3.  là où un groupe ou un organisme qui en fait la demande a mis en place un plan pour permettre et stimuler l’utilisation des locaux chez les groupes communautaires et où ce plan prévoit que tout frais imposé serve à absorber les coûts des fournitures, des services et des besoins opérationnels seulement et non pas à générer un profit à l’avantage du groupe ou de l’organisme parrain;
    3. en aménageant un portail en direct qui énumère les locaux disponibles aux fins des groupes communautaires, répertoriés par quartier et par type d’installations ou de locaux disponibles[3].

Afin d’améliorer l’éducation aux aliments et la conscience des aliments à Ottawa, on recommande en outre ce qui suit :

  1. Que la Ville d’Ottawa, de concert avec les partenaires et les intervenants communautaires, appuie le Carrefour d’aliments locaux, d’agriculture urbaine et d’apprentissage communautaire d’Alimentation juste pour qu’il agisse à titre de lieu de démonstration et de centre d’apprentissage et qu’il facilite une meilleure programmation alimentaire au niveau des quartiers, en offrant un savoir-faire en nature et une aide à la planification et aux études de faisabilité en vue de la mise en place de pareil centre.                                                                         .
  2. Que la Ville d’Ottawa offre du financement pour un poste de coordonnateur de l’éducation aux aliments et de la conscience connexe pour assurer la liaison entre un carrefour d’aliments locaux, d’agriculture urbaine et d’apprentissage communautaire, les organismes communautaires travaillant à la programmation alimentaire, la Ville et les quartiers d’Ottawa. Ce financement comprendrait un budget d’exploitation pouvant offrir des services améliorés d’éducation et d’extension et dicter les travaux d’élaboration et de mise en œuvre d’un modèle de formation et de réseautage. Pour débuter, ce financement prendrait la forme d’un projet-pilote échelonné sur trois ans servant à tester ce programme et ce poste. L’employé(e) chercherait à établir des partenariats entre les diététistes communautaires, les organisateurs communautaires, les organismes communautaires et les autres intervenants existants aux fins suivantes :
    1. concevoir et diriger la mise en œuvre d’une stratégie d’éducation aux aliments et de conscience connexe;
    2. élaborer un nouveau modèle de formation et de réseautage à l’intention des bénévoles afin de consolider la programmation alimentaire axée sur les quartiers et d’établir des liens entre les groupes qui participent aux activités relatives aux aliments. Avec l’inclusion des études repères et la tenue d’un examen annuel, ce modèle serait fondé sur une collaboration avec les experts alimentaires et sanitaires communautaires existants d’Ottawa. Ce modèle comprendrait une formation à l’intérieur des secteurs et entre ceux-ci pour renforcer les capacités et raffermir les liens entre le carrefour d’aliments locaux, d’agriculture urbaine et d’apprentissage communautaire et les différents quartiers ottaviens, avec l’objectif ultime de consolider et de rehausser les programmes et les services alimentaires au niveau communautaire;
    3. raffermir et élargir le réseau des personnes cherchant à asseoir la sécurité alimentaire municipale;
    4. élargir la diversité des mesures d’éducation et d’extension alimentaires actuelles (c.-à-d. statut socioéconomique, mobilité, culture, etc.);
    5. faciliter et rehausser le profil des ateliers pédagogiques et des séances d’information alimentaires publics et découvrir des façons nouvelles et stimulantes d’offrir une programmation en éducation aux aliments en s’inspirant des divers gouvernements, de la programmation actuelle, du savoir-faire local et de l’appui de la collectivité;
    6. accomplir des activités d’extension alimentaire lors des évènements et des salons communautaires, des célébrations culturelles et d’autres rassemblements, selon le cas;
    7. appuyer les campagnes existantes de sensibilisation aux aliments, notamment Ce qu’il en coûte pour un panier de provisions nutritif à Ottawa;
    8. s’assurer que les documents et ressources actuels en matière de sensibilisation aux aliments (c.-à-d. le Guide d’achat local alimentaire, le répertoire Accès-alimentation, etc.) soient accessibles à tous les membres de la collectivité grâce à une aide financière et spécialisée pour concevoir, publier en plusieurs langues (au-delà du français et de l’anglais) et distribuer ces ressources et documents.
    9. Certains projets types qu’on pourrait confier au coordonnateur de l’éducation aux aliments et de la conscience connexe sont, par exemple :
      1. la promotion d’un programme Semer un rang de plus pour ceux qui ont faim, en vertu duquel la collectivité de jardinage locale fait don de légumes, de fruits et d’herbes frais à des banques d’alimentation et/ou des soupes populaires nécessiteuses;
      2. la sensibilisation de la collectivité à la nouvelle politique NPP 150 du ministère de l’Éducation, en vue d’offrir des renseignements sur les défis que doivent relever les écoles et les conseils scolaires, et les rôles éventuels que les organismes communautaires peuvent jouer pour appuyer des environnements alimentaires scolaires sains.                               .
  3. Que la Ville d’Ottawa continue d’appuyer des projets tels que le répertoire Accès-alimentation, qui centralise les renseignements sur les services alimentaires à l’intention des résidants d’Ottawa.



[1] L’objectif du Programme de financement communautaire est d’« appuyer, par l’intermédiaire d’organismes communautaires à but non lucratif viables, la prestation de services et l’exécution de programmes communautaires qui rehaussent l’accès aux services essentiels ». Bien que la nourriture soit jugée un besoin essentiel, nommer expressément l’accès aux aliments parmi les domaines prioritaires accentuerait la capacité de ces services et programmes communautaires de bien fonctionner.

[2] Voir l’Annexe G5 pour de plus amples détails sur le programme Utilisation communautaire des établissements scolaires.

[3] Certains renseignements au sujet des locaux et des installations offerts par les organismes communautaires peuvent être disponibles par le truchement d’un nouveau projet d’Alimentation juste en 2012.

 

Objet :

  • « Choisir notre avenir » (Ville d’Ottawa, Ville de Gatineau, CCN), > Document de base >Alimentation et agriculture
  • Service de la santé publique d’Ottawa (SSPO) >Vie saine : nutrition
  • Ville d’Ottawa (programmes et services portant sur l’alimentation)

 

JUSTIFICATION

La Ville jouit d’une possibilité unique de tirer profit des connaissances et des infrastructures actuelles afin d’améliorer la sécurité alimentaire à Ottawa. Les principales possibilités comprennent ce qui suit :

  • augmenter le flux de ressources et de savoir-faire entre les programmes faciliterait le passage des personnes et des collectivités vers une meilleure sécurité alimentaire à long terme;
  • partager les connaissances et les renseignements permettrait aux particuliers et aux groupes travaillant en santé publique et en sécurité alimentaire de consolider les services existants entre les programmes et les organismes et parmi ceux-ci.

Les programmes et les services alimentaires communautaires existants : défis et possibilités

Les programmes et les services communautaires qui traitent de l’alimentation et de la faim comprennent une pluralité d’activités et de services qui appuient et raffermissent la sécurité alimentaire au niveau communautaire, des aliments de secours (c.-à-d. les banques d’alimentation) aux ateliers et aux programmes de renforcement des capacités plus durables, en passant par les installations de cuisine communautaire et les programmes d’achat en vrac (c.-à-d. le programme de la Boîte verte d’Ottawa) qui permettent aux gens d’augmenter leur propre accès à des aliments adéquats et nutritifs.

Tout un éventail d’intervenants participent actuellement, selon divers degrés, aux programmes alimentaires communautaires d’Ottawa, notamment :

  • tous les ordres de gouvernement;
  • les organismes communautaires;
  • les groupes et associations communautaires;
  • les zones d’amélioration commerciale;
  • les agriculteurs et les coopératives agricoles;
  • les conseils scolaires locaux;
  • les universités et les collèges;
  • les organisations non gouvernementales (ONG);
  • les banques d’alimentation et les fournisseurs d’aliments de secours;
  • la Commission de la capitale nationale (CCN);
  • les entreprises privées;
  • les citoyens individuels.

La force de ces programmes réside dans le fait qu’ils comblent les besoins à la fois des quartiers et de l’ensemble de la ville. On peut majorer ces programmes par une augmentation des capacités et des liens entre les programmes et les services, ce qui permettrait d’aménager des synergies et de créer des possibilités de programmations et de services alimentaires innovateurs.

Le défi afférent à la présence d’autant d’acteurs et d’intervenants clés dans la programmation communautaire liée aux aliments s’accompagne d’une interpromotion, d’un partage des renseignements, d’une formation croisée et d’une communication mutuelle. Certains secteurs de la ville sont mieux servis par les programmes et les services alimentaires communautaires, tandis que d’autres nécessitent de plus amples démarches de renforcement des capacités et de soutien afin de combler les divers besoins en bouffe des résidants.

Dans une enquête portant sur la programmation alimentaire à Ottawa menée en 2010, on a examiné 28 programmes sur la nutrition et les aliments à l’échelle de la ville[5]. Parmi ces 28 programmes, 15 organismes documentés (54 p. 100) s’en remettaient à des subventions à court terme et à des dons pour accomplir leur travail. Cependant, ces programmes, même s’ils aident à atténuer certains des effets de la pauvreté, ne sont pas nécessairement eux mêmes sûrs ou durables. Le financement de ces programmes est souvent puisé à diverses sources. Cela entraîne une forte dépendance à l’égard du travail non rémunéré ou peu rémunéré et des dons de membres privés ou corporatifs de la collectivité. Il ne s’agit pas d’une assise solide sur laquelle asseoir une ville plus sûre en matière d’alimentation.

Un manque de financement et un appui interservices limitent la capacité des programmes de combler les besoins alimentaires de tous les citoyens et de mieux tirer profit du partage des ressources et des installations. Une meilleure coordination des programmes alimentaires communautaires mènerait à une sensibilisation accrue des intervenants et du public à propos de toute la gamme des solutions alimentaires communautaires offertes.

Établir des liens entre les divers services alimentaires et appuyer le renforcement des capacités quant aux services et aux infrastructures actuels grâce à un modèle d’animateur en alimentation viendraient consolider les fournisseurs de services communautaires pour atteindre un nombre accru de résidants. Cela contribuerait du même coup à augmenter l’accès aux services et l’efficacité de ces derniers.

Lacunes en éducation aux aliments et en conscience connexe

Les termes conscience des aliments et éducation aux aliments en sont venus, sur le plan des politiques et des programmes alimentaires, à signifier éducation et conscience de la nutrition et de la salubrité des aliments, et dans une moindre mesure, les compétences culinaires. Bien que ces points constituent d’importants pans d’un système alimentaire sain, durable et accessible, il y a d’autres composantes très importantes qui sont omises du champ de portée de pareille interprétation étroite de la notion d’éducation aux aliments et de conscience des aliments.

L’éducation aux aliments et la conscience des aliments peuvent – et devraient – renvoyer aussi aux aspects suivants, tout aussi importants, du système alimentaire :

  • les renseignements d’ordre pratique sur les modalités de culture, de récolte, de manutention et de cuisson des aliments;
  • l’accès (ou le non-accès) aux aliments chez les diverses collectivités;
  • l’agriculture et l’environnement;
  • les règles d’étiquetage;
  • les difficultés auxquelles font face les petits agriculteurs du Canada;
  • le déclin des compétences en culture, récolte, conservation et cuisson des aliments au Canada;
  • les coûts sanitaires, sociaux et économiques des aliments « bon marché » qui sont souvent subventionnés;
  • les mesures adoptées pour opérer un changement aux niveaux local, national et mondial;
  • et de nombreux autres points.

Nous sommes d’avis que ces lacunes en matière de programmation en éducation aux aliments et en conscience connexe et, par extension, des connaissances de notre collectivité à propos des questions alimentaires, peuvent être comblées de manière optimale par l’échelon local, là où les personnes interagissent avec leurs systèmes alimentaires au quotidien.

Un public plus renseigné et plus éduqué constitue une population plus résiliente; l’éducation aux aliments et la conscience connexe au-delà de la portée étroite de la nutrition élémentaire et de la salubrité des aliments est le fondement même d’une société plus saine. Une meilleure utilisation des possibilités actuelles d’éducation aux aliments et de conscience des aliments offertes à Ottawa mènera à un nombre accru de personnes et à différents groupes de personnes qui se prévaudront de ces possibilités. Une coordination améliorée, un partenariat plus ferme et de meilleurs renseignements rehausseront les résultats du côté de la Ville d’Ottawa et du côté de ses partenaires communautaires. Pour qu’elle soit fructueuse et viable à long terme, une stratégie d’éducation aux aliments et de conscience des aliments doit inclure tous les intervenants et les fournisseurs de services. 

 

Un carrefour d’aliments locaux, d’agriculture urbaine et d’apprentissage communautaire pour la Ville d’Ottawa : relier les points

Un modèle visant à rehausser la programmation alimentaire communautaire se trouve dans les « centres alimentaires communautaires », qui intègrent et coordonnent bien les divers programmes alimentaires à l’échelle d’une municipalité diversifiée. À Ottawa, l’instauration d’un carrefour d’aliments locaux, d’agriculture urbaine et d’apprentissage communautaire offrirait les services suivants, en tenant compte des défis et des possibilités uniques du contexte ottavien :

  • Agir à titre de carrefour de la programmation alimentaire à Ottawa. Ce carrefour servirait la collectivité ottavienne quant à la collecte et à la gestion des renseignements portant sur les programmes et les services alimentaires offerts au niveau des quartiers par les divers groupes et organismes, notamment les centres de santé communautaire, les associations et les centres communautaires, le Service de la santé publique d’Ottawa et les diverses sociétés à but non lucratif et organisations non gouvernementales.
  • Agir à titre de centre de partage des connaissances pour le renforcement des capacités et la formation des organismes de la Ville qui s’intéressent aux questions relatives à la sécurité alimentaire, à la nutrition et à la santé publique, au développement des installations (p. ex., l’implantation d’un cuisine communautaire) et au renforcement et à la démonstration des compétences (p. ex., les ateliers sur la mise en conserve et les cours de cuisine). Le Carrefour tirerait profit de l’expérience collective de son réseau (p. ex., l’expérience des diététistes communautaires dans les centres de santé et services communautaires et les diététistes en santé publique) pour offrir un cours de « formation des formateurs » et d’autres possibilités d’apprentissage communes afin de raffermir la collectivité alimentaire d’Ottawa.
  • Agir à titre de lieu de création, de mise à l’essai, de modélisation et de constitution d’une programmation alimentaire qui n’existe pas déjà à Ottawa, mais qu’on a établi comme une pratique prometteuse ou une solution innovante pour Ottawa.
  • Héberger un coordonnateur de l’éducation aux aliments et de la conscience connexe, un poste à temps plein subventionné par la Ville d’Ottawa. Le titulaire de ce poste agirait comme principale personne-ressource pour la coordination et la facilitation des services et des programmes de partage des connaissances et de formation offerts au Centre d’aliments locaux, d’agriculture urbaine et d’apprentissage communautaire. Le coordonnateur alimentaire communautaire travaillerait en étroite collaboration avec les animateurs en alimentation pour faciliter le déploiement et la mise en œuvre des programmes et des services au niveau des quartiers.
  • Faciliter la formation et la collaboration des animateurs en alimentation pour qu’ils agissent à titre d’importants agents de liaison entre le Carrefour et les divers comités auxquels siégeraient ces animateurs.

Les avantages de pareil carrefour de la programmation alimentaire intégrée comprendraient ce qui suit :

  • Établir des partenariats nouveaux et vastes qui font des économies et tirent profit de l’infrastructure alimentaire communautaire existante (p. ex., les cuisines collectives, les cuisines des universités et des collèges, les terrains de la CCN destinés aux potagers communautaires), qui augmentera les programmes et les services au niveau des quartiers.
  • Cerner les lacunes en matière de programmation au niveau des quartiers et appliquer et partager les ressources humaines qualifiées existantes dans les secteurs public, privé et à but non lucratif (p. ex., les ressources en santé publique, les fournisseurs de soins de santé, les réseaux de jardins, les écoles, les universités et les collèges) afin de garantir que la plus grande portion possible de la population d’Ottawa obtienne une programmation alimentaire uniforme et de qualité supérieure.

 

Un modèle de formation et de réseautage en matière d’alimentation à Ottawa

Le modèle proposé pour consolider l’éducation aux aliments communautaire sous-entend le recours à des experts des aliments et de la communauté qui sont déjà intégrés à la collectivité qu’ils servent et qui facilitent et améliorent les possibilités de partage des connaissances et des ressources parmi les intervenants communautaires. La vigueur de ce modèle découle du fait que ces particuliers travaillent déjà dans la collectivité (p. ex., des professionnels des soins de santé, des enseignants, des militants communautaires, etc.) et sont des adeptes du renforcement communautaire lié aux aliments.

Un réseau de personnes formées pour offrir des renseignements et pour aider leur communauté à adopter des mesures de nature alimentaire pourrait offrir les avantages suivants :

  • Tisser des liens au sein des systèmes alimentaires des quartiers en facilitant les programmes d’extension et en renforçant la collaboration avec les partenaires, y compris les organismes communautaires, les marchés de producteurs-fermiers, les centres communautaires, les écoles, les potagers communautaires, les groupes et les organismes de citoyens, de même que les entreprises privées. Cela consoliderait le réseau de personnes, de renseignements et de ressources portant sur l’accès aux aliments, sur la production de bouffe, sur le perfectionnement des compétences et sur la nutrition.
  • Accroître l’éducation aux aliments et la conscience des aliments de manière propre à chaque quartier en appliquant la trousse d’évaluation communautaire Alimenter notre communauté préparée par l’Université d’Ottawa et Alimentation juste. Cela ferait mieux connaître les profils démographiques, les services, les ressources et les programmes offerts dans un emplacement particulier.
  • Cibler la programmation en éducation aux aliments à l’intention de populations difficiles à joindre (p. ex., les enfants, les aînés, les personnes à mobilité réduite, les familles à faible revenu et les Néo-Canadiens) grâce à une collaboration accrue avec les divers partenaires communautaires quant à la diffusion et au partage des renseignements, des installations communautaires, des ressources et des connaissances.
  • Servir les collectivités ottaviennes en tirant profit du soutien qu’offrirait un carrefour d’aliments locaux, d’agriculture urbaine et d’apprentissage communautaire. À titre d’experts déjà intégrés à la communauté, le réseau d’animateurs en alimentation dûment formés travaillerait de concert afin de relever les défis communs et de créer des débouchés en matière de partage des connaissances parmi les quartiers et entre les organismes.

Les avantages émanant de la collectivité comprennent ce qui suit :

  • Mettre en commun les informations et les connaissances collectives à propos des services et des défis alimentaires des quartiers afin d’offrir une programmation alimentaire plus ciblée permettant de combler les besoins en bouffe de tous les résidants.
  • Déterminer et combler les besoins de la collectivité quant à une programmation en éducation aux aliments et en bouffe pour augmenter les services actuels et renforcer les connaissances institutionnelles existantes.
  • Faciliter les possibilités de cultiver, de conserver, de cuisiner et de consommer des aliments caractérisés par une interformation, une culture croisée et un maillage intergénérationnel. Ce modèle favorise l’engagement citoyen, la propriété communautaire de la programmation alimentaire locale, la résilience communautaire dans le cadre d’un système alimentaire mondial en bouillonnement et la cohésion sociale vu que les solutions émanent de la collectivité plutôt que d’être imposées par des experts venant de l’extérieur.

 

Annexe G1 : Contexte – L’insécurité alimentaire à Ottawa 

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) voit la sécurité alimentaire et nutritive des ménages comme un droit humain fondamental. L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a également reconnu la sécurité alimentaire comme un facteur déterminant de la santé et a précisé que l’insécurité alimentaire est « largement attribuable au faible revenu et à l’insécurité financière »[6]. Les autres obstacles à une meilleure sécurité alimentaire comprennent un manque d’accès à des aliments frais (c.-à-d. les déserts alimentaires), des écarts de connaissances et de compétences à propos des aliments, le non-accès aux terres et une piètre santé de l’environnement[7]. Voir la proposition de Plan d’action alimentaire sur le revenu et Ce qu’il en coûte pour se nourrir pour de plus amples renseignements au sujet de l’insécurité alimentaire et ses effets sur la santé et sur le mieux-être.

Bien que des mesures beaucoup plus vastes et d’une grande portée soient nécessaires pour traiter des causes profondes de la pauvreté, dont l’insécurité alimentaire n’est qu’un symptôme, il y a des plans d’action qui peuvent être adoptés sur-le-champ pour consolider la communication, la promotion croisée, la programmation et, au bout du compte, la viabilité à long terme de la programmation alimentaire chez les collectivités d’Ottawa.

 

Annexe G2 : Contexte – Les possibilités actuelles de programmation alimentaire, d’éducation aux aliments et de conscience connexe à Ottawa

À Ottawa, les activités de programmation, d’éducation et de sensibilisation liées aux aliments joignent les résidants par le truchement des programmes et des services offerts ou coordonnés par la Ville; des programmes intégrés aux curriculums scolaires (provinciaux et municipaux des quatre conseils scolaires); des programmes et des services offerts par les organismes et les centres communautaires; et d’autres initiatives d’une pluralité de groupes communautaires, d’entreprises, d’organismes à but non lucratif et de sociétés de bienfaisance.

On peut rencontrer des obstacles sur la voie menant à ces programmes. L’emplacement géographique peut constituer une entrave pour les citoyens qui souhaitent obtenir de l’information ou des services portant sur les aliments; à moins de pouvoir compter sur un branchement à Internet, les renseignements et les programmes alimentaires seront répartis aux quatre coins de la ville. De plus, beaucoup de matériels ayant pour thème « les aliments » à Ottawa exigent des particuliers qu’ils recherchent cette information en utilisant leurs propres temps et ressources, qui peuvent varier grandement selon les conditions socioéconomiques, la langue, la mobilité, etc. Contrairement à l’information au sujet, par exemple, du recyclage ou des services d’urgence, l’information à propos des aliments exige que les personnes sachent ce qu’elles souhaitent trouver avant même de commencer leurs recherches. Certains programmes imposent un frais de participation ou sont accessibles seulement aux membres d’un organisme, d’une école ou d’un programme particulier. Le transport, la langue, les services de garde et la culture peuvent s’avérer des obstacles additionnels en matière d’accès à la programmation en éducation aux aliments et en conscience des aliments qui existe actuellement à Ottawa.

Voici quelques-uns des programmes alimentaires à Ottawa :

a)    La Ville d’Ottawa

Les programmes d’éducation aux aliments suivants sont offerts par la Ville d’Ottawa en ce moment :

  • Le Financement communautaire de la Ville d’Ottawa offre des subventions à un grand nombre d’organismes communautaires qui cherchent à combler les besoins fondamentaux, y compris la nourriture.
  • La page Web des Services alimentaires et de nutrition à Ottawa de la Ville d’Ottawa fournit une passerelle vers un grand nombre de ressources municipales et externes sur l’alimentation saine, la sécurité alimentaire et les programmes alimentaires locaux.
  • Les cours récréatifs de la Ville d’Ottawa sur les aliments, la nutrition et la cuisine offerts par le truchement des centres communautaires sont exposés en détail aux pages 111-112 du Guide des parcs et des loisirs printemps-été 2011.
  • Les campagnes de sensibilisation instructives du Service de la santé publique d’Ottawa, notamment Le coût d’un panier de provisions santé et Ce qu’il en coûte pour manger sainement à Ottawa et les programmes de renforcement des compétences en sont quelques exemples.
  • Le Counselling en économie domestique relevant des Services d’appui à domicile de la Ville d’Ottawa et dispensé à partir des Centres de ressources communautaires et de santé offre divers services aux clients du Programme du soutien à domicile, notamment de l’aide en planification et en préparation des repas et en budgétisation, entre autres tâches ménagères.
  • Le Programme des conseillers communautaires en alimentation (CCA) forme des bénévoles à long terme dans des champs d’activités qui comprennent le Guide alimentaire canadien, la salubrité des aliments, la budgétisation et la planification des aliments, la conservation des aliments (la mise en conserve, le marinage, la dessiccation), les compétences en préparation des aliments, les compétences en présentation et en leadership, ainsi que la collaboration avec les groupes multiculturels. Les CCA transposent ensuite cette formation dans leurs collectivités, en travaillant avec les groupes communautaires, les écoles et/ou les organismes sur demande. Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO) a mis sur pied le programme d’éducation par les pairs à l’intention des conseillers communautaires en alimentation en 1992 pour combler les lacunes de connaissances en éducation aux aliments et en conscience connexe parmi les Ontariennes et les Ontariens. Le programme est actuellement subventionné par le ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario et il est administré par les municipalités. On dénombre actuellement 31 CCA bénévoles dûment formés à Ottawa; certains relèvent du programme depuis la séance de formation initiale en 1995. En 2010, les CCA d’Ottawa ont reçu au-delà de 100 demandes de présentations et de services. En bout de ligne, 75 ateliers ont été offerts par les CCA en 2010[8].

b)    Les organismes communautaires

Les organismes communautaires ottaviens dispensent toute une programmation en éducation des aliments et en conscience des aliments, ainsi que des services et des ressources d’ordre alimentaire. L’éventail de programmes comprend les cuisines collectives, l’aide aux résidants en matière de démarrage d’un potager collectif, les démonstrations d’aliments, les groupes d’éducation à la nutrition, les visites d’épiceries, les programmes de repas et de collations, les garde-manger de secours, les bons alimentaires et bien plus encore. Certains exemples particuliers sont mis en lumière ici :

  • Alimentation juste : Un volet de la mission d’Alimentation juste consiste à fournir au public de l’éducation et de la sensibilisation à propos du système alimentaire.
    • Alimentation juste organise des ateliers accessibles au public sur divers sujets liés aux aliments, notamment les compétences pratiques permettant de cuisiner et de conserver les aliments, le jardinage biologique, les politiques alimentaires, l’agriculture, etc. Des stages auprès de producteurs-fermiers locaux offrent aux agriculteurs éventuels une occasion d’acquérir les compétences nécessaires pour démarrer leur propre entreprise.
    • Le REEL Food Film Festival fournit une occasion additionnelle aux résidants d’Ottawa d’en apprendre sur les questions liées à l’alimentation.
    • Le Réseau des jardins communautaires aide les groupes à établir et à entretenir des potagers communautaires à l’échelle d’Ottawa. Cette démarche est rendue possible grâce à un partenariat avec la Ville d’Ottawa et les groupes communautaires. Par exemple, Viabilité écologique d’Ottawa-Est (VIÉCO) et Sustainable Living Ottawa West (SLOW) sont deux organismes de quartier qui contribuent à mettre sur pied et à coordonner des jardins communautaires. Les deux groupes ont apparié propriétaires fonciers locaux et jardiniers sans terrain afin d’instaurer de nouveaux potagers d’arrière-cour. VIÉCO a également créé un potager pour enfants dans un parc du quartier. Les associations communautaires participent également aux projets de jardins collectifs, notamment l’association communautaire de Hintonburg, qui a créé un petit potager communautaire sur Wellington Ouest près du centre communautaire de Hintonburg.
    • Le Guide d’achat local alimentaire diffuse des renseignements à propos des endroits où les résidants ottaviens peuvent acheter des aliments auprès des agriculteurs locaux participant aux formules de ventes à la ferme, de marchés de producteurs-fermiers, d’agriculture soutenue par la collectivité (ASC) et de programmes de boîtes vertes locales, tant en français qu’en anglais. Il est produit chaque année par Alimentation juste et appuyé par la CCN. On le distribue aux résidants par l’intermédiaire des bibliothèques publiques, des organismes communautaires et des entreprises privées, de même qu’à divers évènements alimentaires et environnementaux partout dans la ville.
    • Le Répertoire « Accès-alimentation » est un service qui concentre toute la programmation alimentaire en un répertoire unique auquel on peut accéder en ligne ou par téléphone (211). Avant 2008, il bénéficiait de l’appui financier de la Ville d’Ottawa et était rendu possible grâce au site Web Services alimentaires et de nutrition de la Ville. Cependant, il est maintenant hébergé sur le site Web d’Alimentation juste et sera amélioré davantage en 2012 par voie d’un programme concerté entre le Service de la santé publique d’Ottawa, Ottawa 211 et Alimentation juste[9].
    • La trousse d’outils Alimenter notre communauté : Où se trouve la bouffe dans notre quartier (en partenariat avec l’Université d’Ottawa) est un outil typiquement ottavien destiné aux groupes communautaires pour leur permettre d’évaluer les ressources, les services et les programmes alimentaires dans leur quartier. Cette trousse d’outils est conçue pour aider un groupe communautaire à comprendre les forces et les faiblesses du quartier, en termes de bouffe, et pour planifier les types d’interventions qui pourront améliorer, rehausser ou introduire ces ressources, services et programmes alimentaires. La trousse d’outils se trouve à l’Annexe G3.
  • La Banque d’alimentation d’Ottawa distribue 12 tonnes de nourriture par jour par l’intermédiaire de son réseau composé de 135 organismes membres, qui comprennent des programmes d’épicerie de secours, des soupes populaires, des centres de jour, des programmes de relance, des refuges pour femmes et pour hommes, ainsi que des programmes de repas en milieu scolaire. La Banque d’alimentation d’Ottawa participe également à des activités d’éducation aux aliments et de conscience connexe et mobilise des bénévoles et des membres de la collectivité.
  • Les petits déjeuners et les potagers en milieu scolaire : Les organismes communautaires ont fait équipe avec les quatre conseils scolaires et les écoles individuelles pour offrir une programmation alimentaire, et des repas et collations santé à de nombreux élèves d’Ottawa. Dans la ville d’Ottawa, quelque 11 000 enfants relevant de 146 écoles débutent chaque journée scolaire par un repas nutritif fourni par le Programme des petits déjeuners en milieu scolaire d’Ottawa. Créé par le Centre de recherche et d’innovation d’Ottawa, le programme dispense des fonds pour le matériel, les moniteurs de programmes et les aliments. La division d’Ottawa de Cultivons Biologique Canada organise des potagers scolaires dans les écoles de la région ottavienne. Le programme Grandir Bio offre « aux enfants âgés entre 11 et 14 ans une occasion de passer une fin de semaine à parfaire leurs connaissances sur la production alimentaire locale, à la fois urbaine et rurale ». Le programme est proposé une fois l’an à environ 10 enfants avec l’aide financière de la Fondation communautaire d’Ottawa et de la Fondation Trillium de l’Ontario. Avec un appui municipal, ce programme pourrait être élargi pour inclure plus d’enfants sur plusieurs fins de semaine.
  • Les Centres de ressources et de santé communautaires : Les 14 centres de ressources et de santé communautaires d’Ottawa offrent tout un éventail de programmes, notamment les cuisines collectives, l’aide aux résidants en matière de démarrage d’un potager collectif, les démonstrations d’aliments, les groupes d’éducation à la nutrition, les visites d’épiceries, les programmes de repas et de collations, les garde-manger de secours, les bons alimentaireset bien plus encore. L’objectif commun de tous ces programmes est d’augmenter les connaissances en nutrition et les compétences en aliments pour aider les particuliers et les familles à acheter, à cultiver et à préparer une bouffe saine et peu coûteuse.
  • Le programme de la Boîte verte d’Ottawa est un projet communautaire et à but non lucratif qui réunit des voisins de 32 emplacements à l’échelle de la ville une fois par mois pour acheter une variété de fruits et de légumes délicieux, nutritifs et frais à prix de gros. Les personnes peuvent acheter un panier à 10 dollars, 15 dollars ou 20 dollars; un sac de fruits à 5 dollars; et durant la période de culture locale, un panier biologique à 25 dollars. L’objectif consiste à acheter les aliments qui sont de saison et qui sont cultivés le plus près possible du domicile. Le programme fonctionne à la manière d’une grande coopérative d’achat avec une fonction d’achat et de coordination centralisée. Il est accessible à tout le monde, sans frais d’adhésion. Le programme de la Boîte verte d’Ottawa est subventionné par la Ville d’Ottawa et par des dons, et on l’exploite à partir du Centre de santé communautaire (CSC) du Centre-ville.
  • Les entreprises sociales alimentaires : Des organismes à but non lucratif accordent des possibilités de formation aux membres de la collectivité pour qu’ils acquièrent des compétences et de l’expérience en aliments qui les aideront à trouver un emploi. Par exemple, Causeway Work Centre exploite un service de traiteur, Krackers Katering, qui offre des séances de formation et de perfectionnement des compétences dans une cuisine commerciale, ce qui aide les personnes à atteindre leurs objectifs d’emploi. Un autre exemple est le futur projet de ferme d’incubation où on améliorera les compétences en culture de légumes des nouveaux agriculteurs par le truchement d’Alimentation juste.

c)     Les établissements d’enseignement

Les écoles primaires et secondaires, ainsi que les établissements postsecondaires dispensent divers degrés de programmation en nutrition et en perfectionnement des compétences alimentaires. De meilleurs liens entre les groupes communautaires et les écoles peuvent fournir des occasions de mieux se prévaloir des programmes d’éducation aux aliments et de conscience des aliments, situés dans la communauté ou dans les écoles, de la part d’un public plus vaste. Par exemple, un groupe communautaire peut bénéficier d’une participation à une conférence collégiale sur un sujet horticole; ou un groupe scolaire peut être disposé à en apprendre sur le jardinage et l’alimentation saine par suite d’une visite auprès d’un potager communautaire avoisinant.

d)    Les entreprises

Les entreprises privées qui exploitent des installations de préparation de la nourriture et des programmes éducatifs, tels que Urban Element, jouent un rôle important dans la prestation d’une programmation en éducation aux aliments et en conscience des aliments, en reconnaissant que les coûts peuvent faire obstacle le long du parcours de nombreuses personnes. Les grandes chaînes d’épiceries offrent parfois des ateliers ou des démonstrations sur place. Les organismes communautaires, et la Ville, peuvent collaborer avec les entreprises afin de mieux tirer profit de leur capacité d’offrir une programmation en éducation aux aliments et en conscience connexe, ce qui serait à l’avantage d’une collectivité élargie.

 

Annexe G2 : Contexte – Les centres alimentaires communautaires

Même si chacun de ces modèles vise un point d’intérêt particulier, la proposition de plan d’action alimentaire envisage un carrefour alimentaire à Ottawa qui rassemblerait le meilleur de ce que chaque modèle peut offrir en un carrefour alimentaire intégré permettant de combler divers besoins.

  • Le Stop Community Food Centre de Toronto a débuté ses activités en tant que banque d’alimentation locale il y a presque 30 ans de cela et il s’est depuis transformé en « un centre communautaire florissant où les gens se réunissent pour cultiver, cuisiner et consommer des aliments, en plus de défendre des mesures qui peuvent augmenter la sécurité alimentaire parmi la collectivité élargie. Il conserve ses programmes alimentaires de secours, mais y a ajouté tout un éventail de programmes de renforcement des capacités et de compétences » [Traduction][10]. Le Stop a été l’un des premiers à appliquer un nouveau modèle de traitement d’une multitude de questions alimentaires, qui confronte les besoins fondamentaux de tous les Torontois et Torontoises tout en appuyant l’agriculture locale, en luttant contre les maladies liées aux régimes et en érigeant une communauté sur la notion d’aliments sains et bons pour tous. Par exemple, le Stop fait le pont entre la distribution de paniers de nourriture et les programmes éducatifs conçus de manière à réduire la dépendance à l’égard des aliments bon marché et non nutritifs. Les programmes du Stop comprennent : des potagers urbains qui approvisionnent en fruits et légumes frais les programmes que le Stop exploite et qui font participer activement les citoyens et les citoyennes au processus; des programmes de cuisine communautaire abordables qui offrent des avantages à la fois sociaux et pédagogiques; des marchés de producteurs-fermiers à longueur d’année et un four communautaire permettant de rassembler les gens autour de la bouffe; une banque d’alimentation qui procure aux personnes une provision de trois jours en aliments de qualité supérieure une fois par mois; des programmes parascolaires qui enseignent aux enfants des compétences élémentaires à propos du jardinage et de la cuisine; et des services d’aide aux familles qui dispensent une programmation nutritionnelle pré/postnatale. Cette approche holistique à facettes multiples et pourtant centralisée atteint une vaste population. Par exemple, dans son rapport annuel 2006-2007, le Stop a signalé au-delà de 6 200 inscrits à sa banque d’alimentation, 909 kilogrammes de fruits et légumes frais issus des potagers communautaires, 50 variétés de tomates mûries dans des serres communautaires, 158 séances de cuisine communautaire offerts, 98 p. 100 des bébés nés avec un poids santé à la naissance grâce à un programme de départ sain et plus de 450 personnes servies chaque semaine au marché de producteurs-fermiers ouvert à l’année longue[11].
  • Evergreen Brick Works de Toronto (Ontario) : Evergreen Brick Works est un centre environnemental communautaire qui inspire et outille les visiteurs afin qu’ils puissent vivre, travailler et jouer de manière plus écologique. Il comprend un espace de démonstration de plantes indigènes de 1 858 mètres carrés où des végétaux indigènes et des potagers alimentaires sont semés, alimentés et entretenus en partie par des groupes scolaires, des groupes communautaires, des jardiniers amateurs et des familles. Evergreen Brick Works organise un marché maraîcher hebdomadaire et, à l’été 2011, a été l’hôte d’un « carrefour » des participants locaux à la formule ASC. Le centre offre également des espaces de bureaux et de réunions destinés aux organismes communautaires similaires, ainsi que diverses possibilités éducatives, notamment des démonstrations de cuisine interactives, des dégustations de vins, des discussions explorant les enjeux importants du mouvement alimentaire moderne, des repas communaux et des ateliers sur la cuisine et les aliments à l’intention des enfants âgés de 8 à 12 ans.
  • La ferme d’incubation McVean Incubator Farm de Brampton (Ontario) : La ferme McVean loue 20,23 hectares auprès de l’Office d’aménagement du territoire de Toronto. Inauguré avec seulement quatre agriculteurs en 2008, le programme en regroupe aujourd’hui plus de 20. Les participants admis au programme doivent préparer un plan d’affaires, posséder leur propre assurance et se soumettre à un système d’aide étagé qui procure une aide accrue aux entreprises durant le stade précoce de leur développement et qui s’estompe progressivement à mesure que l’entreprise prend de l’âge. Le programme encourage les idées commerciales nouvelles, alternatives et innovantes qui comprennent une étude primaire de la viabilité générale et à long terme.
  • Le Intervale Centre de Burlington (Vermont) : Créé en 1986, ce centre est devenu un siège social internationalement réputé de l’agriculture durable qui emploie 12 personnes. En plus de la ferme d’incubation, il compte une société de matériel agricole, qui a acheté de l’équipement de ferme avec une subvention et qui le loue aux agriculteurs, en s’occupant de la maintenance et des réparations. Le centre regroupe également une entreprise de compostage, une formule ASC plurifermes, un commerce de fruits et de légumes en vrac et une pépinière de conservation, en plus de fournir des services-conseils, de la formation et des ateliers et de partager des locaux avec d’autres organismes similaires. Au fil des ans, il a évolué en un carrefour alimentaire multiservices avec des programmes éducatifs, des services de distribution de nourriture et d’autres commerces à valeur ajoutée.
  • Everdale de Hillsdale (Ontario) : Everdale est un carrefour local pour agriculteurs et denrées agricoles environnants. La ferme s’étend sur une superficie de 60,69 hectares, est certifiée biologique (légumes, céréales, oléagineux, pâturages, foin, cultures de couverture) et comprend du cheptel vif : poulets, porcs, moutons, chèvres, vaches, chevaux de trait et abeilles. Elle comporte plusieurs jardins spécialisés : un potager de semences patrimoniales et rares en partenariat avec Semences du patrimoine Canada, un jardin biointensif, des fleurs coupées et des jardins en terrasse. Les modes de commercialisation comprennent une formule ASC, un étal à la ferme, des marchés de producteurs-fermiers et des ventes directes auprès des commerces urbains. Everdale offre des ateliers scolaires en lien avec les curriculums, la possibilité d’excursions et un programme Agriculteurs en milieu scolaire, qui réunit agriculteurs et enseignants dans le contexte de la salle de classe. Le groupe coordonne des ateliers à Toronto, à Guelph et à Erin sur divers sujets : élevage de poulets en milieu urbain, culture de champignons, préparation et conservation d’aliments, permaculture et apiculture.
  • Le centre des aliments et de l’agriculture Stone Barn Center for Food and Agriculture de Pocantico Hills (New York) aide les jeunes fermiers à devenir habiles en agriculture résiliente. Il procure de la formation, des connaissances et de l’expérience pratique afin de créer la prochaine génération de producteurs et de consommateurs d’aliments durables. Grâce à ses programmes éducatifs pour enfants, des milliers de jeunes ont l’occasion de se salir les mains et de constater de visu d’où provient leur nourriture.
  • La ferme communautaire Albion Hills Community Farm (AHCF) de Caledon (Ontario) est située dans l’ancienne zone de conservation ontarienne et dans les limites de la ceinture de verdure de Toronto. AHCF s’impose actuellement comme lieu de démonstration des pratiques agricoles durables et centre d’apprentissage de l’alimentation, de l’agriculture et de la conservation locales. Il servira les élèves qui se présentent à la ferme AHCF pour y tirer des leçons, ainsi que divers groupes communautaires, établissements et particuliers à la recherche d’aliments sains cultivés localement et de possibilités de se brancher à la terre, à l’agriculture et les uns aux autres. La ferme AHCF est un partenariat unique de l’alliance campagnarde de Caledon, du comité environnemental de Palgrave, de la ferme Chesslawn et de l’office de conservation de Toronto et de la région environnante.
  • Appalachian Sustainable Development d’Abingdon (Virginie) est un organisme à but non lucratif qui opère en Virginie du Sud-Est et au Tennessee du Nord-Est depuis 1995. Il fait le pont entre les agriculteurs, les propriétaires fonciers des forêts et les personnes qui fabriquent les produits alimentaires et forestiers avec des marchés et d’autres ressources dans la région. À l’intention des enfants, des collectivités, des agriculteurs, des propriétaires fonciers des forêts et des autres personnes intéressées, il dispense des programmes éducatifs sur la nutrition, l’obésité infantile, les pratiques agricoles et forestières à faible incidence, les aliments locaux et bien plus encore. Il compte un effectif de 14 membres.
  • Growing Power de Milwaukee (Wisconsin) : Growing Power est un organisme à but non lucratif et une fiducie foncière qui appuie les personnes aux antécédents variés, en assurant un accès égal à des aliments sains, de qualité supérieure, sûrs et abordables aux personnes provenant de toutes les collectivités. Growing Power applique cet énoncé de mission à une formation pratique, à des démonstrations sur le terrain, à des programmes d’extension et à de l’aide technique grâce à la mise au point de systèmes alimentaires communautaires qui aident les gens à cultiver, transformer, commercialiser et distribuer des aliments de manière durable. Growing Power montre des méthodes de culture reproductibles au moyen d’ateliers sur place et de démonstrations pratiques. L’organisme, qui compte des fermes à Milwaukee et à Merton (Wisconsin) et à Chicago (Illinois), a mis sur pied des lieux de formation auxiliaires en Arkansas, en Géorgie, au Kentucky, au Massachusetts et au Mississippi. Le centre offre de l’éducation par le truchement de programmes d’extension locaux, nationaux et internationaux destinés aux agriculteurs et aux collectivités, d’un grand nombre de programmes jeunesse, d’une mobilisation des bénévoles et d’une participation aux initiatives stratégiques agricoles. La production d’aliments a lieu dans les serres de démonstration de l’organisme, à l’emplacement d’une ferme rurale de Merton et à des fermes urbaines de Milwaukee et de Chicago. L’organisme distribue également les aliments produits par au-delà de 300 petites fermes familiales relevant de la coopérative agricole Rainbow Farmers Cooperative et le programme de sécurité alimentaire à longueur d’année de l’organisme, le « Farm-to-City Market Basket Program » ou programme de paniers d’épicerie de la ferme à la ville.

 

Annexe G3 : Contexte – La programmation en conscience des aliments d’autres collectivités

Éducation aux aliments et conscience des aliments au Canada

La dernière analyse de la conjoncture quant aux niveaux de conscience des aliments au Canada a été réalisée en 2000 par Santé Canada. L’objectif consistait à améliorer la capacité de surveillance des aliments et de la nutrition du Canada afin de résoudre les inquiétudes du public à propos de la salubrité des aliments, de la piètre nutrition à la hausse, des politiques défaillantes en matière de soins de santé des enfants et de l’insécurité alimentaire croissante au pays[12]. Avant la tenue de cette étude, une seule autre étude nationale sur les aliments et la nutrition avait été menée au Canada; il s’agissait de l’Enquête sur la nutrition au Canada de 1970-1972, qui a depuis été suivie d’autres initiatives à échelle réduite mais d’aucune précisant les besoins de nutrition nationaux des Canadiennes et des Canadiens[13].

Comme le signalait l’article paru dans le Globe & Mail du 22 mars 2011 et intitulé Teaching People to Cook outside the Box :

« Les Canadiennes et les Canadiens de toute une génération n’ont aucune idée de la manière de transformer les ingrédients bruts en produits comestibles. Ils ne savent pas cuisiner. Ils apprennent comment magasiner dans les grandes surfaces et comment utiliser un micro-onde – beaucoup de leurs parents ne se nourrissent que d’aliments prêts à servir. Pour inverser la tendance, les enfants et leurs parents doivent être instruits sur la façon de manutentionner les aliments qui ne proviennent pas d’un emballage. » [Traduction][14]

Le Guide alimentaire canadien est sans doute la meilleure tentative d’élaborer un programme national sur la conscience des aliments à l’intention de la population canadienne. Cependant, on y insiste sur la nutrition, sans traiter des autres aspects de la sensibilisation aux aliments chez le public, notamment les origines de notre bouffe, l’agriculture et l’environnement, les compétences en préparation et en manutention des aliments, ainsi que l’accès aux aliments dans les diverses collectivités.

  • Les animateurs en alimentation FoodShare de Toronto (Ontario)

Le modèle des animateurs en alimentation torontois est décrit comme une démarche étonnamment réussie, selon Angela ElzingaCheng, la responsable du programme alimentaire communautaire de FoodShare Toronto[15]. En se fondant sur le modèle des animateurs en alimentation, FoodShare a appuyé le démarrage et l’exploitation de 42 projets, de concert avec 72 partenaires locaux, en mettant l’accent sur l’accès accru aux aliments, sur le renforcement des capacités communautaires et sur l’intensification des effets environnementaux (par ordre d’importance).

L’organisme a déployé un projet-pilote durant une année, soit d’août 2004 à octobre 2005, avec quatre animateurs communautaires appuyés par leurs organismes respectifs pendant toute la durée du projet. La participation d’animateurs en alimentation provenant de l’intérieur de la collectivité (plutôt que des personnes imposées à la collectivité depuis l’extérieur) a permis de composer avec la bureaucratie, de mener des collectes de fonds fructueuses, de constituer des équipes de leaders, de partager les cas de réussite et de réunir des gens aux principes similaires[16].

Le financement est actuellement fourni par la Ville de Toronto et la Fondation communautaire de Toronto. En vertu de cette initiative, les animateurs en alimentation travaillent de près les uns avec les autres pour appuyer l’instauration et l’élaboration de projets alimentaires fondés sur des pratiques exemplaires selon trois volets : 1) les potagers communautaires; 2) les marchés de bons aliments (et non les marchés de producteurs-fermiers); et 3) les cuisines communautaires. Le tout est réalisé grâce à une collaboration avec les chefs de file locaux et les organismes communautaires d’Etobicoke, de North York et de Scarborough. Les animateurs mobilisent les collectivités afin d’instaurer la sécurité alimentaire communautaire, de réduire l’isolement et de créer un espace public.

  • Le programme de sécurité alimentaire Belo Horizonte : la recherche et l’éducation sur les paniers alimentaires de base pour favoriser la consommation des aliments de Belo Horizonte (Brésil)

La municipalité de Belo Horizonte, la quatrième plus importante ville du Brésil avec 2,5 millions de citoyens, a reçu une reconnaissance internationale[17] pour ses politiques et programmes sur la sécurité alimentaire. Le gouvernement municipal a adopté la loi municipale no 6.352, 15/07/1993, qui « stipule un cadre stratégique qui cherche résolument à concrétiser la notion de souveraineté alimentaire : le droit des personnes de définir leurs propres politiques alimentaires et agricoles, de protéger et de réglementer leur production et leur commerce de manière à asseoir un développement durable, de déterminer leur degré d’autonomie et d’éliminer le dumping sur leurs marchés » [Traduction]. En plus des initiatives touchant l’éducation aux aliments et la conscience connexe exposées ci-dessous, le programme de sécurité alimentaire Belo Horizonte comprend également les activités suivantes[18] :

  • la vente subventionnée d’aliments sains et de qualité supérieure à des « restaurants populaires », accessibles à tout le monde grâce à des « paniers de provisions populaires », offerts aux participants à faible revenu inscrits;
  • l’aide alimentaire pour groupes à risque grâce à la fourniture d’aliments sains et nutritionnellement enrichis dans les écoles publiques, les centres de services de garde, les cliniques de santé, les foyers de soins infirmiers, les refuges pour sans-abri et autres établissements de bienfaisance;
  • les incitatifs et règlements relatifs aux points de vente au détail d’aliments, pour assurer une distribution adéquate dans les zones à faible revenu, et les subventions pour le commerce d’aliments à des tarifs inférieurs aux prix du marché dans certains cas;
  • la prestation de lieux publics pour les marchés de producteurs-fermiers et les marchés d’aliments biologiques ainsi que l’aide aux ventes directes entre les producteurs ruraux et les consommateurs urbains;
  • l’appui à l’agriculture urbaine, notamment les potagers communautaires et scolaires;
  • la formation professionnelle portant sur les commerces alimentaires et sur les compétences alimentaires.

Un des conseils municipaux nouvellement constitués était le ministère de la Promotion de la consommation d’aliments et de la Nutrition, qui est chargé de l’éducation en matière d’alimentation saine. Certains des programmes relevant du mandat de ce ministère comprennent ce qui suit :

  • la recherche sur les paniers alimentaires de base : La ville dresse des listes de prix hebdomadaires de 45 articles ménagers élémentaires (surtout des aliments) qu’on trouve dans 60 supermarchés aux quatre coins de la ville. On affiche ces listes aux arrêts d’autobus et on les imprime dans les journaux, en plus de les rendre accessibles par téléphone et par Internet. On renseigne ainsi les consommateurs sur les prix les plus bas, ce qui encourage la concurrence parmi les grands établissements commerciaux;
  • l’éducation à la consommation des aliments : Des ateliers, des manuels, des affiches et des leçons par Internet procurent des renseignements sur la manutention et l’entreposage sûrs des aliments, la cuisson et les régimes santé pour résoudre la question de la malnutrition du point de vue de la faim et de l’obésité.

En 2009, certaines des réussites des politiques de Belo Horizonte ont été mises en lumière par le Conseil pour l’avenir du monde[19] :

  • 60 p. 100 moins d’enfants meurent à comparer à 1999;
  • 25 p. 100 moins de personnes vivent sous le seuil de la pauvreté;
  • 75 p. 100 moins d’enfants âgés de moins de 5 ans sont hospitalisés pour cause de malnutrition;
  • 40 p. 100 de la population bénéficie directement du programme;
  • 40 p. 100 des personnes participant à Belo Horizonte signalent une consommation fréquente de fruits et de légumes, la moyenne nationale n’étant que de 32 p. 100;
  • 2 millions d’agriculteurs ont accès au crédit et 700 000 pour la première fois de leurs vies.

  • Les compétences alimentaires municipales – une recherche-repère de Waterloo (Ontario)

Le Service de la santé publique de la région de Waterloo a été le premier à réaliser et à publier une recherche sur les compétences alimentaires des adultes d’une collectivité canadienne. Cette enquête de référence a été achevée en 2009 (et publiée en janvier 2010) par 703 adultes (âgés de 18 ans et plus) qui représentaient une coupe transversale juste des résidents selon leur sexe et leur lieu de naissance de la région de Waterloo et selon le recensement de 2006; les jeunes adultes et ceux vivant dans des logements locatifs y étaient sous-représentés[20].

Les participants ont été invités à « autoévaluer » leurs compétences alimentaires comme indication à la fois de l’expérience et de la confiance en matière de planification et de préparation de la nourriture. Même si la plupart des adultes étaient d’avis qu’ils avaient certaines compétences en alimentation, leurs compétences étaient peut-être restreintes ou pas utilisées à leur plein potentiel. Pareilles restrictions au chapitre des compétences, ainsi que l’insécurité alimentaire ou un accès inadéquat aux aliments parmi un dixième de la population de la Région, créent des obstacles à la consommation et à la jouissance des aliments sains, culturellement adaptés et sûrs.

Une surveillance continue des compétences alimentaires, au-delà de cette évaluation de référence, aidera à assurer un suivi des modifications et des tendances sur le plan des compétences et des comportements alimentaires et à planifier et fournir des possibilités de perfectionnement des compétences en alimentation au sein de la population locale.

Certains résultats clés étaient que les gens qui jardinaient et cultivaient leur propre bouffe étaient plus disposés à avoir des compétences « bonnes » ou « très bonnes » en conservation d’aliments que les non-jardiniers. Par exemple, les compétences en congélation étaient de 67 p. 100 et 48,5 p. 100 respectivement; et les compétences en mise en conserve, de 43,2 p. 100 et 24,2 p. 100 respectivement. Moins de la moitié (43,6 p. 100) des répondants consommaient cinq fois ou plus par semaine des repas préparés « au moins partiellement à partir de rien ». Le pourcentage des répondants mentionnant qu’ils cuisinaient périodiquement (« toujours, presque toujours ou la plupart du temps ») était beaucoup plus élevé parmi les ménages ayant des revenus annuels inférieurs à 30 000 dollars (71,2 p. 100) à comparer aux ménages avec des revenus supérieurs à 70 000 dollars (31,5 p. 100).

Le rapport intégral, publié par le Service de la santé publique de la Région de Waterloo en janvier 2010, se trouve en ligne à l’adresse suivante : http://chd.region.waterloo.on.ca/en/researchResourcesPublications/resources/FoodSkills.pdf

Annexe G4 – Trousse d’outils Alimenter notre communauté : Où se trouve la bouffe dans notre quartier

La version PDF de cette trousse d’outils, revue en août 2011, est disponible en ligne à : http://www.justfood.ca/foodforall/fr/wheres-the-food/.

 

Annexe G5 – Utilisation communautaire des établissements scolaires

La politique sur l’utilisation communautaire des installations scolaires (Procédure PR.507.CON) du conseil scolaire du district Ottawa-Carleton se trouve ici.



[1] REMARQUE : La vision derrière la proposition a en commun un grand nombre de valeurs et d’objectifs mentionnés dans le Cadre de développement communautaire de la Ville d’Ottawa, notamment : augmenter la capacité des quartiers d’apporter un changement positif, intensifier la planification et la prestation des services, améliorer les déterminants sociaux de la santé, accroître la sécurité des quartiers et promouvoir un changement positif et durable à la fois au niveau des quartiers et au niveau des systèmes.

[2] L’objectif du Programme de financement communautaire est d’« appuyer, par l’intermédiaire d’organismes communautaires à but non lucratif viables, la prestation de services et l’exécution de programmes communautaires qui rehaussent l’accès aux services essentiels ». Bien que la nourriture soit jugée un besoin essentiel, nommer expressément l’accès aux aliments parmi les domaines prioritaires accentuerait la capacité de ces services et programmes communautaires de bien fonctionner.

[3] Voir l’Annexe G5 pour de plus amples détails sur le programme Utilisation communautaire des établissements scolaires.

[4] Certains renseignements au sujet des locaux et des installations offerts par les organismes communautaires peuvent être disponibles par le truchement d’un nouveau projet d’Alimentation juste en 2012.

[5] Courtney, K. (2010), « Furthering Food Security in Ottawa: Examining Partnership-based Policy between Local Government and Civil Society », document consulté en ligne le 7 mars 2011 à http://www.justfood.ca/foodforall/documents/Ottawa_-_Furthering_Food_Security_in_Ottawa.pdf.

[6] http://www.phac-aspc.gc.ca/ph-sp/oi-ar/08_aliments-fra.php, 2004.

[7] Courtney, K. (2010), « Furthering Food Security in Ottawa: Examining Partnership-based Policy between Local Government and Civil Society », document consulté en ligne le 7 mars 2011 à http://www.justfood.ca/foodforall/documents/Ottawa_-_Furthering_Food_Security_in_Ottawa.pdf.

[8] Hammingh, Jane, R.D., diététiste en santé publique du Service de la santé publique d’Ottawa, Communication personnelle de mars 2011.

[9] Une employée d’Alimentation juste, Communication personnelle de mars 2011.

[10] Scharf, K., Levkoe, C., Saul, N., In Every Community, a Place for Food, La fondation Metcalf, 2010.

[11] Le rapport annuel 2006-2007 du Stop, document consulté le 2 mars 2011 en ligne à http://www.thestop.org/sites/thestop.org/files/annual-reports/Annual_Report_2006_2007FINAL_0.pdf.

[12] Santé Canada (2000), « Sommaire », dans La surveillance alimentaire et nutritionnelle au Canada : une analyse de la conjoncture, page 4, document consulté en ligne en mars 2011 à http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/alt_formats/hpfb-dgpsa/pdf/surveill/environmental_scan-fra.pdf.

[13] Ibid., « Utilisations et utilisateurs des données de surveillance », page 5.

[14] M. Finklestein, chef et enseignant à l’École secondaire Northwestern de Stratford (Ontario), tel que cité dans le Globe & Mail du 22 mars 2011 sous « Teaching People to Cook outside the box », document consulté en ligne le 25 mars 2011 à http://www.theglobeandmail.com/news/national/teaching-people-to-cook-outside-the-box/article1952289/.

[15] ElzingaCheng, Angela, responsable du Programme alimentaire communautaire, FoodShare Toronto, Communication personnelle de mai 2011.

[16] ElzingaCheng, Angela, responsable du Programme alimentaire communautaire, FoodShare Toronto, Communication personnelle de mai 2011.

[17] Campagne Zero Hunger (Mettons fin à la faim) de Belo Horizonte qui a remporté le « prix des Politiques d’avenir » du Conseil pour l’avenir du monde en 2009 pour « la politique la plus vaste du monde qui s’attaque à la faim dès maintenant et qui garantit un approvisionnement en aliments sains dorénavant », Source : Conseil pour l’avenir du monde (2009), « Celebrating the Belo Horizonte Food Security Program », Future Policy Award 2009: Solutions for the Food Crisis, document consulté en ligne en septembre 2011 à http://www.worldfuturecouncil.org/fileadmin/user_upload/PDF/Future_Policy_Award_brochure.pdf.

[18] Ibid.

[19] Ibid.

[20] Service de la santé publique de la Région de Waterloo (2010), « Food Skills of Waterloo Region Adults », document disponible en ligne à http://chd.region.waterloo.on.ca/en/researchResourcesPublications/resources/FoodSkills.pdf

 


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